Les sept (07) candidats en lice pour le scrutin présidentiel du 22 février prochain sont depuis quelques jours sur le terrain à la conquête de l’électorat. A la faveur de la campagne électorale ouverte le 06 février dernier pour une période de deux semaines, les prétendants au fauteuil présidentiel sont en opération de charme, chacun avec son programme de société.

Tchassona Traoré dans une campagne de proximité

Tout en appelant à une mobilisation massive le 22 février, jour du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat du MCD, Me Tchassona Traoré s’inscrit dans la dynamique d’une campagne de proximité.

« Nous avons pris  l’option cette année de faire autrement, de ne pas courir les rues avec trompettes et tambours comme nous l’avions fait par le passé, mais de rentrer dans les maisons pour parler aux togolais », a-t-il en effet indiqué au lancement de sa campagne lundi dernier à Kpalimé. « Nous avons des équipes sur l’ensemble du pays qui font des portes-à-portes pour expliquer à nos concitoyens, le sens du vote », a ajouté le président du MCD.

Son programme de société est axé sur différents points notamment l’emploi des jeunes, la paix, la sécurité, la lutte contre la pauvreté, l’équité genre, les droits de l’homme et la santé entre autres. « Je ne serai pas le président qui fera tout pour la jeunesse, je serai le président qui créera les conditions d’autonomisation de la jeunesse pour qu’elle se prenne en charge elle-même », a-t-il fait savoir mardi lors d’une rencontre d’échange organisée à Lomé par le Conseil national de la jeunesse (CNJ).

Komi Wolou veut être le président de la jeunesse

Dans sa campagne électorale, le candidat du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), Komi Wolou fait comprendre qu’il dispose d’un projet de société très novateur, qui aborde de façon frontale les problèmes auxquels sont confrontés les togolais. Il promet de s’attaquer efficacement et de toute urgence à la question liée à l’emploi des jeunes quand il sera élu.  Dans ses échanges avec les populations, le professeur des universités publiques du Togo promet également la refondation de la nation, l’émergence d’un État moderne, l’épanouissement intégral de l’homme, le tout dans une société fondée sur le droit, la justice, le partage équitable des biens et richesses. Cet enseignant chercheur qui tente pour la première fois sa chance pour la présidentielle, estime notamment qu’il a les qualités et atouts nécessaires pour diriger le Togo. « La qualité du futur président de la République sera déterminante dans la transformation de notre pays. De ce point de vue, je vous dirais que j’ai de réels atouts », a indiqué Komi Wolou. Le leader du PSR rassure par ailleurs l’ensemble des populations qu’il sera un président modèle en matière du respect des droits de l’Homme.

William Kouessan met en avant une transition politique

C’est dans la localité d’Agoègan dans la préfecture des lacs que le candidat du parti « Santé du Peuple » a entamé son opération de charme lundi dernier, soit quatre jours après l’ouverture officielle de la campagne électorale. Dr William Kouessan, en lice pour la présidentielle du 22 février prochain, a dû en effet enterrer sa maman le week-end dernier avant de se lancer dans la bataille électorale.

La campagne de « Santé du Peuple » se poursuit dans d’autres localités des lacs et d’ailleurs où les populations sont invitées à sortir massivement et aller voter le 22 février pour le candidat William Kouessan. Le programme de ce dernier est axé sur une transition politique sur une période de trois ans à soumettre à l’arbitrage des populations à travers un référendum. « Nous restons convaincus qu’on ne peut sortir de 53 années de monolithisme politique et entrer immédiatement dans une vie politique normale. Seule une transition clairement énoncée avec sincérité, bien organisée et bien structurée, pourra nous permettre de sortir d’affaire », estime William Kouessan.

Faure Gnassingbé, le vent en poupe

Le candidat du parti Union pour la République (UNIR) continue également de mobiliser les populations dans les différentes localités du pays. Après la région de la Kara, et celle des savanes, le président sortant et candidat à sa propre succession, Faure Gnassingbé était mercredi à Adéta dans la préfecture de Kpélé, ceci après un tour la veille à Kougnohou et Badou respectivement dans l’Akébou et le Wawa.

Dans chaque localité visitée, c’est une foule immense qui se mobilise derrière le candidat d’UNIR. Sa méthode n’a pas varié : des échanges avec des groupes cibles avec au menu le bilan du mandat social et les grandes lignes du projet de société. Des promesses de campagne électorale, les propositions sont spécifiques à chaque localité.

Devant les militants et les populations de Kougnohou, le candidat a évoqué son ambition de poursuivre la transformation agricole nécessaire pour le développement du pays.

A Badou, il a été formel et surtout du point de vue de la santé. « La santé au cours de ce mandat sera beaucoup plus abordable et la qualité bien supérieure à ce que nous avons connu par le passé », a-t-il déclaré.

Face aux populations de Kpélé, Faure Gnassingbé a indiqué que ce qui est plus important dans son projet de société, c’est la paix et la sécurité. Une fois que cette paix et la sécurité sont assuré, a-t-il dit, « les besoins vitaux, les services de bases notamment la santé etc.… seront assurés ».

Pour les années à venir, plusieurs défis restent encore en effet à relever par le Togo notamment l’assurance maladie pour tous, l’éducation de qualité, les ressources humaines, les infrastructures scolaires, les infrastructures numériques, l’emploi pour les diplômés et les non diplômés, la création des centres d’apprentissage ou encore le renforcement des capacités.

« Les chose ne sont pas faciles, mais l’espoir est permis. Et cet espoir, nous voulons que dès le 23 février prochain, avec la victoire que j’espère que vous me donnerez, nous nous mettrons au travail. Je compte sur vous pour battre campagne et pour voter le 22 février prochain », a conclu Faure Gnassingbé qui était ce jeudi dans la région centrale plus précisément à Sokodé.

ADDI privilégie le « porte-à-porte »

Pour la conquête de l’électorat, le candidat Aimé Tchabouré Gogué du parti Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) s’inscrit également dans une dynamique de renforcement de ses actions de proximité. « Pour la conquête de l’électorat, vous savez que nous avons mené plusieurs d’activités de terrain pendant la précampagne. Nous allons renforcer ces activités de proximité que nous appelons le ‘porte-à-porte’ pour démultiplier le message du Prof Aimé Gogué à l’endroit de tous les togolais », a indiqué Kperkouma Wala, secrétaire général de ADDI.

En dehors des messages de proximité, le parti prévoit également de grands meetings de sensibilisation et de mobilisation autour du candidat Aimé Gogué et de son programme.

Pour cette élection présidentielle, le candidat du parti ADDI est porteur d’un programme de société axé sur la refondation de la nation togolaise, le développement des piliers socioéconomiques, et le renforcement de la résilience sociale. Tous ces axes sont déclinés en 60 mesures opérationnelles qui seront réalisées pendant les cinq années à venir au cours du mandat 2020-2025 du Prof. Aimé Gogué au cas où ce dernier est élu.

Jean Pierre Fabre confiant

Après une semaine de campagne, c’est un sentiment de satisfaction du côté de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) qui se dit confiant, au regard de l’accueil et de la mobilisation que réservent les populations au candidat de l’ANC, Jean Pierre Fabre (l’ex chef de file de l’opposition) dans les localités visitées, ceci en dehors de quelques incidents signalés notamment dans les localités de Cinkassé, Tandjoaré, Gando, Guéri-Kouka, Bassar et Soutouboua.

« C’est un bilan largement positif. Puisque nous avons été pratiquement reçus partout par les populations. Elles ont été heureuses d’avoir rencontré le président Jean-Pierre Fabre », a fait savoir ce jeudi, Eric Dupuy, le conseiller en communication de Jean-Pierre Fabre.

Il faut souligner que c’est dans la région des savanes au nord du pays que Jean Pierre Fabre a démarré sa campagne électorale avec un programme axée sur deux grands points : la construction d’un État de droit et la gestion rigoureuse des finances publiques. Intitulé « Mes engagements renouvelés pour le Togo », ce projet de société est en réalité l’actualisation et l’enrichissement du projet de société de 2015. « Le message, c’est le message du changement. C’est très simple. Un régime qui a fait tout ce temps au pouvoir n’a plus rien à démontrer en matière d’amélioration des conditions de vie des populations. Ce régime, il faut le remplacer par un autre qui va venir faire ses preuves », estiment les responsables de l’ANC.

Agbéyomé Kodjo dans la région maritime

Le candidat du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) et de la dynamique de Mgr Kpodzro est depuis quelques jours dans plusieurs localités de la région maritime. Mardi dans la préfecture de Yoto son fief, Agbéyomé Kodjo a demandé aux populations de voter pour lui, afin d’aider tout le peuple togolais à obtenir l’alternance. Dans son opération de charme, l’ancien Premier ministre a promis aux siens d’en finir avec la pauvreté, si ces derniers portent leur choix sur sa personne. Kodjo a rassuré ses frères et sœurs de Tokpli (sa localité de naissance), qu’il sera eux pour fêter ensemble sa victoire à la présidentielle.

Au sixième jour de la campagne, le candidat Agbéyomé a sillonné d’autres localités à savoir Afagnan, Amégnra, Ahépé, Kouvé et Tabligbo. Il dénonce au passage un verrouillage de la gouvernance du pays au profit d’une seule famille. Pour lui, il y a la nécessité de réaliser l’alternance pour empêcher le régime d’entamer un autre départ.

« Si la gouvernance est verrouillée de père en fils et qu’on veut garder le fauteuil pour les frères et les enfants, ce n’est pas acceptable. C’est pourquoi nous vous demandons de sortir massivement le 22 février prochain pour voter. Nous allons mettre en place des comités citoyens de surveillance pour empêcher certaines méthodes souvent utilisées pour tripatouiller les résultats », a déclaré mercredi, Agbeyome Kodjo aux populations de Tsévié venues massivement l’écouter.

David S.

Laisser un commentaire