Les élèves se préparent pour reprendre le chemin des établissements scolaires le 02 novembre prochain pour le compte de l’année académique 2020-2021 qui intervient dans un contexte particulier : celui de la crise sanitaire de la Covid-19. Tous les acteurs de l’éducation devront s’adapter aux changements qui interviendront en lien avec le protocole sanitaire recommandé. Mais avant que les élèves ne renouent avec les cahiers, les actions ne cessent de se multiplier notamment du côté du gouvernement avec les principaux acteurs de l’éducation pour une reprise des cours dans de bonnes conditions.

Déjà, il convient de souligner la décision d’effectuer une rentrée en deux (02) étapes : D’abord la rentrée pédagogique le lundi 26 octobre dernier pour les enseignants et les autres acteurs du personnel d’encadrement, puis celle des élèves prévue le 02 novembre prochain.

Au regard des défis qui s’imposent à l’ensemble du système  éducatif, les autorités en charge du secteur ont décidé de mettre un accent sur la  dimension pédagogique  qui voudrait que l’Institut nationale des sciences  de l’éducation (INSE) de l’Université de Lomé, avec  l’appui des  inspecteurs  et  des directeurs  régionaux  de l’enseignement (DRE)  puisse  former des groupes  cibles à travers une  formation  des  formateurs  sur les  nouvelles  tendances  de  l’enseigner autrement.

Ces  groupes  qui  seront  formés  seront  à leur tour en mesure  de  partager  les connaissances acquises  avec  leurs  collègues enseignants qui n’ont  pas eu la chance de  participer  à  la  formation  des  formateurs sur les dispositions qu’exige le contexte sanitaire actuel.

Au delà de la rentrée pédagogique prévue, d’autres dispositions sont également annoncées dont la réduction des effectifs à 30 par classe pour le préscolaire et à 60 par classe pour les autres niveaux d’enseignement, la stratégie du double flux ou la double vacation qui s’appliquera suivant le contexte de chaque établissement afin d’éviter la contamination du coronavirus dans les écoles où les élèves seront également appelés au port systématique des masques.

« Des emplois du temps aménagés permettront de couvrir les volumes horaires dus aux apprenants dans le strict respect des charges statutaires dévolus à chaque enseignant », a précisé le ministre Komla  Dodzi Kokoroko en charge des enseignements primaire, secondaire, technique et de l’artisanat qui rassure par ailleurs sur la sérénité de l’année tout en invitant les uns et les  autres  à  être  cohérents  et  réalistes  pour  faire en sorte que  l’avenir  ne  soit  bloqué  par la  COVID 19.

L’autre défi auquel devra faire face le ministre Dodzi Kokoroko est celui de parvenir à « calmer » les enseignants volontaires (EV) qui sont principalement à la charge des parents d’élèves. Ces EV menacent déjà en effet de rentrer en grève, et selon le gouvernement, un geste sera également fait à leur endroit avant la rentrée.

Conformément à l’arrêté interministériel n°709/2020/MEPS/MEF/ MPENIT du 08 septembre 2020 portant allocation d’une aide financière exceptionnelle aux enseignants volontaires par le biais de la plateforme du programme de revenu universel de solidarité « NOVISSI », les dispositions sont prises en vue du payement de la deuxième tranche, avant la rentrée scolaire 2020-2021“, a rassuré le gouvernement mercredi en Conseil des ministres.

Les réclamations de ces enseignants volontaires portent surtout sur leur intégration progressive dans la fonction publique. « Ce que nous avons demandé, c’est l’intégration d’une partie des EV et la prise en charge de l’autre partie. Nous faisons face à une pandémie et on ne peut pas nous demander d’aller travailler sans mesures d’accompagnement », avait en effet fait savoir sur une radio de la place, Florent Sondou, président de l’Association des Enseignants Volontaires du Togo (ANEVOTO).

Quant aux prochains recrutements des enseignants annoncés par le gouvernement pour combler le déficit, l’ANEVOTO estime qu’il faut privilégier ces enseignants volontaires qui sont déjà sur le terrain.

« Les enseignants volontaires ne demandent pas de prime. Pour l’instant, ce qui nous préoccupe, c’est l’amélioration de nos conditions de vie et travaille. Il faut qu’on nous intègre. Nous voulons faire un travail de qualité, mais il nous faut aussi des moyens. On ne peut pas aller faire les cours le ventre affamé. Qu’on nous intègre, c’est la solution. Parce que les primes, on vous donne ça une fois et puis c’est fini. Et le reste du temps on va faire comment ? Donc il faut qu’on nous intègre », explique Florent Sondou.

Au demeurant, dans l’ambition du gouvernement de consolider les acquis pour maintenir et instruire un maximum d’enfants tout en assurant une éducation de qualité pour tous dans le respect de la parité fille-garçon à différents degrés d’enseignement scolaire d’ici 2030, de gros efforts restent encore à fournir. Nous estimons que le responsable actuel du département en charge de l’éducation prend la mesure de la chose pour les investissements et engagements nécessaires à cet effet.

Pour ce qui est de la crise sanitaire, les différents acteurs du système éducatif particulièrement les chefs d’établissements, devront faire preuve de professionnalisme et de responsabilité dans l’application des directives et prescriptions pédagogiques, académiques et sanitaires au cours de cette année académique qui s’annonce. Dans cette dynamique, les parents doivent également jouer leur partition en collaboration notamment en éduquant leurs enfants quant au respect des mesures barrières contre le Coronavirus. Bref, faire en sorte que le tandem parents-enseignants puisse permettre de réduire la propagation du virus aussi bien à la maison que dans le cadre d’étude.

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