Le ministre togolais de la fonction publique, du travail, de la réforme administration et de la protection sociale Gilbert Bawara, s’est prononcé ce dimanche 06 octobre 2019 dans une émission sur la télévision New Word TV sur plusieurs sujets d’actualité. Au rang de ceux-ci, l’élection présidentielle de 2020, le social, le problème des enseignants volontaires, la modification de la loi sur les manifestations publiques, les dernières sorties médiatiques du président du Parti national panafricain (PNP), Tikpi Salifou Atchadam et de Jean-Pierre Fabre, actuel maire de la commune Golfe 4 et président de l’Alliance national pour le changement (ANC).

Sur le plan politique, à moins de 6 mois de l’élection présidentielle de 2020, le problème de la candidature de Faure Gnassingbé ne se pose même pas, selon le ministre Bawara. Pour ce dernier, aller aux élections de 2020 sans Faure Gnassingbé, c’est comme faire jouer Barcelone sans Lionel Messi au top de sa forme.

« Imaginons que le parti UNIR est l’entraineur de Barça et que Messi est en pleine possession de ses moyens et dont l’expérience n’est discutée par personne et pour un match décisif, on le met à la touche, c’est qu’on est criminel. Il n’y a pas de raison qu’une équipe comme le Barça joue en Champion’s League et laisse son champion le plus aguerri et expérimenté et qui a fait des démonstrations », a-t-il déclaré.

Il répond ainsi à l’appel lancé depuis un moment par Tikpi Atchadam, celui d’empêcher Faure Gnassingbé de se présenter pour un 4ème mandat en 2020. Pour le ministre, Tikpi Atchadam est « en perdition ».

Concernant la question des enseignants volontaires, le ministre a fait savoir que le gouvernement est en train de prendre des dispositions pour qu’à l’occasion d’un prochain concours de recrutement, ils soient pris en compte. Il est d’ailleurs revenu sur les multiples efforts du gouvernement tendant à l’amélioration des conditions des enseignants togolais ces dernières années.

« Sans fausse modestie, le secteur de l’éduction avec celui de la santé, est celui qui a bénéficié le plus d’actions et de mesures tendant à l’amélioration des conditions de vie et de travail notamment en termes de salaire », a déclaré le ministre relevant qu’en 2018, 1 milliard de FCFA avait été décaissé pour payer les primes et en cette année 2019, 2 milliards ont été débloqués.

Une grève de 5 jours, du 30 septembre au 4 octobre dernier, avait été observée en effet par les enseignants volontaires pour dénoncer des irrégularités observées dans le récent concours de recrutement organisé à leur endroit. Le ministre rassure en promettant veiller à ce qu’à l’avenir, l’identification et le recensement des Enseignants volontaires puissent être fait de manière rigoureuse et transparente sous la responsabilité de l’État.

« J’ai appris les préoccupations des enseignants volontaires à travers les médias et réseaux sociaux et immédiatement je les ai contactés. Le président de l’association nationale des enseignants volontaires et une forte délégation sont venus et nous avons échangé. Je leur ai rappelé et expliqué les conditions du concours et les conditions de proclamation des résultats et nous avons pu nous entendre. Les malentendus et les incompréhensions qui existaient ont été levés. Nous sommes engagés à travailler à la fois pour veiller à ce qu’à l’avenir, l’identification et le recensement des Enseignants volontaires puissent être fait de manière rigoureuse et transparente sous la responsabilité de l’État. (…) Nous allons également faire en sorte qu’à l’occasion des prochains concours de recrutement, une attention plus importante soit accordée à ces enseignants volontaires », a indiqué le ministre.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, il informe que des efforts sont en cours pour régler la plateforme revendicative des enseignants-chercheurs. Selon le ministre, des échanges ont eu lieu durant le mois d’août en ce qui concerne le respect de l’engagement du gouvernement. Une solution est également en vue pour l’intégration des enseignants-chercheurs contractuels dans la fonction publique afin qu’ils puissent être désormais affiliés à la Caisse de retraite du Togo (CRT).

Le sujet de la vie chère était également au rendez-vous. Le ministre note que la demande de l’amélioration des conditions de vie est une demande légitime. Il estime que le gouvernement fait des efforts en veillant à ce que les services sociaux de base, les routes, soient une réalité. Toutefois, il relève qu’ « il n’y a pas un moyen de faire la magie ».

« Je vois les efforts faits par le chef de l’Etat. Je compare avec les pays de la sous-région. Nous ne sommes pas le pays où les salaires sont réduits… Nous ne sommes pas le pays où le droit de grève est limité à dix jours par an. Nous ne sommes pas un pays où le leader de l’opposition serait confiné dans sa maison durant plusieurs jours. Nous sommes un pays où le Chef de l’Etat est un homme d’écoute et conscient de la fragilité de la société… Qu’il y ait encore des insatisfactions, nous comprenons mais dire qu’il y a une volonté de maltraiter des togolais, ce n’est pas vrai », a martelé M. Bawara.

A propos de la loi sur les manifestations publiques, le ministre Bawara affirme qu’il n’y aura pas de relecture de la loi sur les manifestations telle que révisée en août dernier par les députés. Pour lui, c’est une version adoptée sur la base de l’expérience de la gestion de la crise que le pays a connue.

« Nous sommes mieux placés en tant que gouvernement et en tant que togolais pour savoir ce qui est dans l’intérêt de la sécurité et de la paix au Togo. Personne d’autre. Dans la loi régissant les manifestations, il y a un certain nombre de limitation concernant les endroits pouvant accueillir les manifestations. Ce n’est pas une invention togolaise ». C’est en ces termes que le ministre Gilbert Bawara répond à la lettre des Nations unies sur la loi Bodjona. L’ancien fonctionnaire du HCDH affirme que les dispositions de la nouvelle version de la loi ne sont pas une innovation togolaise. Il note que dans une sous-région en proie au terrorisme, il est nécessaire de s’assurer qu’il n’y ait pas d’actes qui mettent à mal la sécurité du territoire national.

Un autre sujet évoqué par le ministre, celui relatif à la reconstruction du grand marché de Lomé. Jean-Pierre Pierre Fabre, maire de la commune du Golfe 4, estimait il y a quelques jours, qu’après les élections municipales, le gouvernement représenté par le Premier ministre ne peut plus exercer les compétences dévolues aux communes par la loi sur la décentralisation et les libertés locales. Plus loin, le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition) exige « formellement » au gouvernement la suspension du processus d’appel d’offre en cours et le transfert à sa commune, du dossier de la construction du Grand marché de Lomé ainsi que tous les autres dossiers relevant de ses compétences de sa commune. Mais le ministre togolais de la fonction publique, du travail, de la réforme administration et de la protection sociale n’épouse pas l’avis de ce dernier. En effet, Gilbert Bawara parle plutôt de « comportements d’autocrates » et de « défiance vis-à-vis de l’autorité ».

« Je sais que nous avons besoin de temps pour apprendre. Les maires ou les conseillers municipaux qui se mettraient dans un esprit de rivalité ou de défiance apprendraient pour leur compte. Ce n’est pas comme ça que cela fonctionne », a-t-il dit avant de conseiller le recul à M. Fabre. « Les collectivités locales et le gouvernement doivent travailler dans un esprit de collaboration et de coopération » : C’est l’appel lancé par Gilbert Bawara aux élus locaux.

Timothée KATALE

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