Elle assaisonne les plats des ménages et des restaurants avec sa maîtrise de la vertu des plantes à travers la transformation des épices et leur association. Tradi thérapeute de formation, Mme ALAI Doga Marthe, directrice générale de l’entreprise MARTHE ET FILLE met au cœur de son entreprise le bien-être des consommateurs de ses produits.  Basée à Sotouboua, elle nous raconte  ses expériences dans cette interview. Bonne lecture.

KAMGOU: Pourquoi et comment êtes-vous arrivée à l’entrepreneuriat

Mme ALAI Doga Marthe:  J’ai été ouvrière dans une usine de la place et j’y ai travaillé pendant deux ans. Avant d’y être embauchée, je composais des produits thérapeutiques à base de quelques fleurs et épices qui, jusque-là avaient soulagées toutes les personnes qui s’en servaient pour leurs traitements. Cependant,vue les conditions de travail difficiles et la rémunération insatisfaisantes, j’ai décidé de vendre mes produits en parallèle avec mon boulot à chaque descente. Je vendais mon produit de bar en bar en rentrant chez moi après le boulot. Ainsi, de bouche à oreille, ils devenaient  de plus en plus reconnus. Au bout de deux ans de boulot, j’ai décidé de quitter cette usine et de me consacrer uniquement à mon activité thérapeutique. Cela m’a permis de voyager au-delà de nos frontières.

Au cours de mes déplacements vers le Burkina Faso, j’ai constaté à quel point la consommation de la viande était élevée dans les régions du nord du Togo et au-delà de la frontière surtout les conditions de sa cuisson. Je me suis toujours questionnée sur la qualité de l’assaisonnement qui était offert aux consommateurs et de là, je me suis décidé à lancer ma gamme d’épices qui rendrait la cuisson meilleure et la consommation de la viande plus facile, plus agréable et  sans effets négatifs sur la santé des consommateurs. J’ai alors lancé ma première production en 2008.

 Pourquoi avoir choisi le secteur des épices?

J’ai choisi le secteur des épices car le bien-être de la population m’a toujours préoccupé. Contribuant déjà à l’époque au traitement de plusieurs maux à travers mes produits, je sentais que je pouvais aider plusieurs personnes à éviter des maladies qui pour la plus part étaient dues à des aliments mal soignés. Ainsi, je pouvais également sensibiliser les consommateurs sur les vertus thérapeutiques de certaines épices.

Comment se fait la production et en quelle quantité? Manuelle ou mécanique ?

Notre production est faiblement mécanisée. Notre capacité mensuelle s’élève à une tonne.

Où sont commercialisez vos produits ?

Nos produits sont disponibles dans les régions maritime, centrale et kara puis au Burkina Faso. Nos consommateurs sont en majorité les ménages et les restaurants.

Rencontrez-vous des difficultés dans la production et la commercialisation ?

Oui, nous rencontrons beaucoup de difficultés dans l’exercice de cette activité. Nos difficultés sont autant matérielles que financières. Nous manquons évidemment d’équipements adéquats et des emballages appropriés pour offrir des produits de bonne qualité et présentables à nos consommateurs. Le manque de fonds de roulement constitue également un frein au développement de l’entreprise.

Quelles sont les gammes de produits que vous vendez et comment réagissent les consommateurs par rapport à vos produits ?

Nous avons présentement 10 produits disponibles sur le marché tels le piment assaisonné, un mélange d’épices, du gingembre moulu , du curcuma, du poivre noir, poivre de Selim, poivre blanc, du clou de girofle, de la moutarde de néré (afiti ou soumbala) sous trois formes et de la cannelle.

Une vue des produits

Avez-vous un financement ou un soutien pour la production ?

Nous n’avons pas encore bénéficié d’un financement depuis le départ.

 Un appel à lancer ?

Je lance un appel à toute la population Togolaise à consommer nos produits. Ainsi, non seulement elle consommera des produits naturels et de bonne qualité mais contribuera également à l’agrandissement d’une petite entreprise.

Pour tout achat, contacter le  (+228) 92922550/97424960

Interview réalisée par Estelle KOUDJONOU

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