La coalition des 14 partis de l’opposition tente de maintenir la pression au lendemain de la publication du relevé de conclusion issue de la troisième réunion du Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO tenue il y a quelque jours à Conakry. Face à la presse ce mardi 13 octobre à Lomé, les leaders de la C14 ont appelé les populations à boycotter la prorogation de trois jours du recensement prévu du 16 au 18 novembre, tout en annonçant la reprise des manifestations de rue dès le 17 novembre prochain.

Les responsables de la C14 ont par ailleurs indiqué que leurs représentants pour la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne prêteront serment devant la Cour Constitutionnelle que lorsque leurs revendications seront satisfaites.

Ces exigences concernent entre autres : la mise en œuvre des mesures d’apaisement, le consensus sur la présidence de la CENI, la composition équilibrée des démembrements de la CENI, à savoir les CELI et les comités de listes et cartes, l’abandon de la présidence des CELI par des magistrats es qualité, l’élaboration d’un chronogramme électoral consensuel par la CENI dans sa nouvelle constitution avec l’appui des experts, l’étude et l’adoption d’un découpage électoral équitable, l’arrêt du processus électoral en cours entamé sans la participation de la coalition, l’annulation du recensement électoral d’octobre 2018.

« Nous irons prêter serment lorsque les conditions seront réunies et que dans notre entendement nous allons à la CENI pour démarrer un processus électoral consensuel. Nous avons fait nos analyses, les réformes sont très importantes pour nous, la composition paritaire de la CENI, elle ne se tient pas parce que nous serons huit de chaque côté mais il va falloir que la question de la présidence de la CENI soit réglée. Tout cela fait partie des conditions que nous recherchons maintenant pour qu’enfin un processus électoral, consensuel, fiable et digne de ce nom puisse être démarré », a indiqué Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, la coordinatrice de la coalition pour qui la seule façon de régler le problème du recensement reste une reprise pure et simple.

La coalition de l’opposition estime qu’en convoquant le corps électoral au moment où les deux facilitateurs dans la crise togolaise travaillent activement à la constitution d’une véritable CENI inclusive et paritaire chargée de la mise en œuvre consensuelle du processus électoral édicté par la feuille de route de la CEDEAO, le pouvoir en place au Togo confirme à l’opinion, son « obstination à organiser dans la précipitation, des élections à ses propres conditions, avec l’électorat qu’il aura lui-même choisi à travers un recensement de complaisance, un découpage électoral totalement arbitraire et des candidats concurrents qu’il aura cooptés ».

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