Le Togo a célébré son 7è art du 1er au 6 juillet passé à travers la semaine nationale du cinéma, la troisième édition de l’évènement, occasion pour le Directeur Nationale de la Cinématographie, Dénis Essohanam KOUTOM de faire un bilan des éditions passées, recenser les maux qui minent le cinéma togolais et présenter ses perspectives pour faire de ce secteur un véritable levier de développement. Bonne lecture ! 

KAMGOU : Dites-nous comment se porte le cinéma Togolais ?

Essohanam KOUTOM: Le cinéma togolais va bien, il est en plein essor. Nous avons un cinéma qui marche, qui est très jeune et très dynamique avec des réalisateurs et des producteurs assez engagés. Nous avons fait des preuves dans le domaine de courts et moyens métrages. Aujourd’hui ce qu’il nous reste c’est d’aller vers les longs métrages. Nous pouvons dire à l’instant T que le cinéma est sur la bonne voie. Nous avons espoir que d’ici demain nous aurons de grandes productions au Togo.

KAMGOU : La troisième édition de la semaine nationale du cinéma togolais vient de prendre fin ce samedi 6 Juillet 2019. Dites-nous ce qui a motivé la création d’un tel évènement ?

Essohanam KOUTOM: L’initiation de la semaine nationale du cinéma togolais vient du constat selon lequel nous avons une pépinière de cinéastes togolais qui font du travail sur le terrain. Il y a à chaque édition de clap ivoire des productions et ces productions-là, il se fait qu’elles restaient dans le tiroir. A l’époque, les sélections pour cette compétition se faisaient dans un bureau parce qu’il fallait déposer et qu’une structure se réunisse pour choisir un ou deux films pour Clap Ivoire. Mais la question qui se pose est de savoir qu’est- ce qu’on fait des autres films après la sélection? Il faut créer un marché, il faut créer un événement où on peut projeter publiquement tous ces films-là. Et cet événement c’est la semaine que nous avons suggérée et elle est née avec l’appui de la République populaire de Chine en 2016, deux ans après notre arrivée. Nous avons contacté la Chine et nous avons souhaité l’organiser avec elle. Elle a trouvé que le projet était porteur et elle a accepté de nous accompagner. Depuis lors nous avons commencé la première édition avec le peu de moyens que nous avons eu. Les années qui ont suivi c’est-à-dire en 2017- 2018, nous avons organisé sans la Chine et nous sommes cette fois ci en 2019 soit la troisième édition parce que nous allons considérer la première édition avec la Chine comme étant un essai. Et le thème même de cette édition était «  Cinéma Sino-togolais » ce n’était pas seulement le cinéma togolais.

KAMGOU : Parlez-nous brièvement de l’organisation en générale de cet événement et un petit bilan

Essohanam KOUTOM: En fait la première édition comme je le disais ça été un peu dur, nous n’avions pas été à la hauteur. Nous n’avons pas eu des moyens pour le faire mais ce qui est intéressant c’est que de la première édition à la troisième édition où nous sommes les prix ont tout à fait évolué. A la première édition, nous avons primé seulement les deux premiers. Premier en documentaire et premier en fiction. A partir de la deuxième édition nous avons considéré les deux seconds c’est à dire les deuxièmes en fiction  et documentaire. Maintenant nous comptons améliorer avec les trophées que nous avons associés depuis l’année dernière et ces derniers ont quand même une qualité de plus que les premières éditions. De plus sur le plan organisationnel cette année, nous avons impliqué encore beaucoup plus d’activités. Dans les première et deuxième éditions, nous n’avons pas mis les formations. La particularité de cette année c’est que nous avons mis les formations avec un thème très clair qui dit «Investir dans le cinéma». Ça veut dire que la formation est très importante pour le gouvernement et surtout pour le ministère en charge de la culture. Nous avons pensé que sans la formation nous avons beau projeter les films mais la qualité ne sera pas visible. C’est pour cela que cette année nous avons mis un accent particulier sur la formation Donc ce qui est commun à ces 03 éditions ce sont les projections. Dans notre organisation nous choisissons chaque année des localités à Lomé pour faire des projections.

KAMGOU : Les projections se limitent- elles seulement à Lomé ou c’est sur toute l’étendue du territoire national ?

Essohanam KOUTOM: A la première édition, disons qu’on s’est limité à Lomé. A la deuxième, l’année passée nous avons fait un peu à l’intérieur. Mais cette année c’est encore plus large parce que nous avons apporté un peu plus de moyens et les projections ont pris presque toute la semaine, de lundi à vendredi. Les projections à l’intérieur du pays sont identiques à celles de Lomé. Elles se passent dans les chefs-lieux de toutes les régions et à Lomé ici dans 06 localités.

KAMGOU : Peut- on dire aujourd’hui que la semaine nationale du cinéma a un impact positif sur le septième art au Togo?

Essohanam KOUTOM: Bien sûr ! Nous pouvons conclure que nous avons un impact quand bien même il nous faut beaucoup de temps pour évoluer. Nous pouvons dire que nous avons un impact parce que d’abord la semaine suscite un engouement. A cause de cette semaine il y a eu beaucoup de productions et surtout avec la sélection Clap Ivoire au sein de la semaine, nous avons eu beaucoup à améliorer la qualité et le jeu d’acteur. C’est vrai il nous faut un long temps 10 à 15 ans  pour mieux évoluer mais nous disons que tout le monde a les yeux sur la semaine et je pense que d’ici les éditions à venir, nous pourrons mieux organiser tout cela et si on a les moyens ça dépassera un festival international.

KAMGOU : Parlant de la sélection Clap Ivoire, combien de films étaient en compétition et combien sont retenus pour la finale en septembre 2019 en Côte d’Ivoire?

Essohanam KOUTOM: Sur les 15 films présentés (11 fictions et 4 documentaires), à l’ occasion de cette Semaine nationale du cinéma, c’est « Le champ des oubliés », une fiction de Komlan GBEKOU et « L’Or Rouge de Noepé », un documentaire réalisé par Wilson ADJETE qui ont eu le feu vert pour porter le drapeau togolais au Clap Ivoire 2019.Ils ont reçu chacun un trophée et une enveloppe de 500.000 FCFA. Ce sont les deux qui représenteront le Togo mais nous avons aussi primé les deuxièmes dans chacune de ces catégories à savoir Benjamin DJESSAGA avec le film fiction « Safaa » qui est parti avec un trophée et une enveloppe de 200.000 FCFA  et Yannick EDOH avec le documentaire « Je suis »  qui repart également avec le même prix. Les meilleurs acteurs sont Essenam Nouvi et Koffi AKOLI. Ils ont reçu respectivement le prix de la meilleure interprétation féminine et masculine, composé également d’un trophée et d’une enveloppe de 100.000 FCFA.

KAMGOU : Vous étiez dernièrement à Cannes pour le festival de Cannes. Racontez-nous l’expérience et la partition qu’a jouée le Togo dans ce festival.

Essohanam KOUTOM: Par rapport à Cannes, c’est un marché mondial. Pour une première fois vous convenez avec moi que c’est se noyer .…

La suite dans la parution n°14 du journal papier KAMGOU dans les kiosques.

Interview réalisée par Estelle KOUDJONOU

 

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