Edem KODJO alias Edouard Kodjovi KODJO est un écrivain et personnalité politique togolaise. Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA de 1978 à 1983) devenue plus tard Union Africaine (UA), il fut plusieurs fois Ministre puis Premier Ministre du Togo à deux reprises. Il est actuellement le Président de la fondation « PAX AFRICANA », une fondation à but non lucratif et à vocation internationale dont le but est de garantir la paix et le développement en Afrique. Dans cet entretien avec notre journal, l’ancien Gouverneur du Fonds Monétaire International (FMI) nous parle de l’actualité socio-politique du Togo surtout du retour avorté de François BOKO ; de l’Afrique (Algérie, Soudan),  de la manifestation des gilets jaunes en France mais aussi de la littérature.

 KAMGOU : Bonjour Monsieur

Dr Amekudzi a consacré un ouvrage à «Six écrivains notables de la Prose au Togo» dont vous-mêmes. Quelle est la spécificité de cet ouvrage, et quel son principal apport à la littérature togolais

Edem KODJO : C’est l’ouvrage d’un critique littéraire qui s’est donné la peine d’étudier minutieusement les écrits de six écrivains togolais sélectionnés pour la qualité de leur écriture si j’en crois les affirmations de l’auteur. Il a eu beaucoup de mérite à accomplir sa tâche. Il a fallu lire plus de 20 livres, les étudier, les dépouiller pour en tirer ‘’la substantifique moelle’’, pour reprendre l’expression de Rabelais. Les lecteurs sont plongés d’emblée dans ce qui fait la spécificité de chacun de ces écrivains retenus. Ils pourront donc aborder chacun de ces livres avec beaucoup plus de facilité, mieux les comprendre, mieux les maîtriser. C’est remarquable !

L’opérationnalisation de la Convention de Florence qui détaxe le livre et ses intrants n’est pas encore effective au Togo. Que peuvent et doivent faire les acteurs du livre pour accélérer cette opérationnalisation ?

 Je n’ai jamais compris pourquoi on en est toujours là. Je suis personnellement maintes fois intervenu dans cette affaire et je n’ai pas toujours compris les obstacles qui entravent ‘’l’opérationnalisation’’ comme vous dites de cette décision. C’est à la limite scandaleux, et il faudra bien qu’un jour, cette question soit réglée.

En tant qu’écrivain, quel regard critique pouvez-vous porter sur les productions de la littérature togolaise de ces 20 dernières années ?

La littérature togolaise a fait un grand bond en avant ces dernières années. Outre les écrivains confirmés, je pense à Sami Tchak, Kossi Efoui, Kangni Alemdjrodo, Théo Ananissoh, Edem Awumey, etc. qui ont eu la consécration internationale avant la nationale si je puis dire et qui sont essentiellement publiés en Europe, nous avons depuis plusieurs années maintenant une cohorte de bons écrivains qui bénéficient du surgissement de quelques maisons d’édition purement togolaises : ‘Graines de pensées’, ‘St Augustin’, ‘Awoudy’, ‘Continents’, etc.

Dans ce flot impressionnant d’ouvrages de tous genres, un tri s’impose. Et c’est le rôle du Critique littéraire de le faire. Je souhaite que la critique soit impitoyable pour ne laisser émerger que les œuvres de qualité : poésie, roman, théâtre, nouvelles. Il y a du tout-venant dans notre littérature actuelle. L’important n’est pas d’écrire un livre, mais un bon livre. Les auteurs, nouveaux ou anciens, doivent avoir la modestie d’accepter les critiques constructives des spécialistes. Nous n’aurons pas de bons écrivains si nous n’avons pas de bons critiques littéraires. Et cela commence par les maisons d’édition dont les ‘’lecteurs’’ ne doivent rien laisser passer ; ne faire aucune place à la médiocrité. Evidemment, la publication à compte d’auteur affaiblit l’éditeur qui n’a pas toujours le courage de refuser un manuscrit que l’auteur veut à tout prix faire paraître en payant de l’argent.

Mais l’un dans l’autre, nous progressons et les manifestations (‘Fil bleu’, ‘Foire internationale du livre de Lomé’ etc.) se multiplient. La littérature togolaise se porte plutôt bien.

Vous intervenez très souvent dans le règlement de divers conflits au plan national qu’international à travers votre fondation Pax Africana. Le dernier en date, c’était en RDC. Au terme des élections qui ont suivi cette facilitation, E. Tshisekedi a été proclamé vainqueur de la présidentielle. Avez-vous le sentiment d’un devoir accompli en RDC ?

Oui, le devoir a été accompli non sans mal parce qu’une fois de plus, nous avions eu raison trop tôt. Aujourd’hui les amis de la RDC le reconnaissent et nous tressent des couronnes. Je n’oublierai pas de si tôt l’accueil que le Public congolais m’a réservé le jour de l’investiture du nouveau Président de la République. J’en avais les larmes aux yeux. J’ai été reçu tour à tour par les Présidents Tshisekedi et Kabila. Ils m’ont redit leurs félicitations et m’ont invité à revenir. Le Président Tshisekedi a été particulièrement chaleureux, histoire de tracer un trait sur certains malentendus passés. J’ai effectué de nombreuses missions de médiation et de facilitation en Afrique mais je garderai un souvenir spécial de mon activité et de mon séjour en RDC.

L’actualité politique togolaise de ces dernières semaines est marquée par le retour avorté du ministre François Boko. Quelle analyse faites-vous de ce retour avorté et reporté sine die de M. Boko au Togo?

M. Boko est un…

Lire l’intégralité de l’interview dans la parution N°11 du 25 avril 2019 de votre journal papier KAMGOU dans les kiosques.

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