A l’initiative du gouvernement, une séance de travail sur l’état de mise en œuvre de la feuille de route, définie par la CEDEAO pour la sortie de la crise togolaise, et sur le processus électoral en cours s’est tenue, ce jeudi 13 décembre, à Lomé. Elle est organisée à l’intention du groupe des ambassadeurs africains au Togo, composé du Ghana, d’Egypte, du Gabon, du Niger, de la Libye, de la République Démocratique du Congo et du Sénégal. Selon les membres du gouvernement, l’essentiel des points de la feuille de route de la CEDEAO, concernant les réformes, les élections législatives et les mesures d’apaisement, évolue d’une manière satisfaisante.

A cette occasion, le gouvernement a été représenté par les ministres Gilbert Bawara de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme Administrative, Payadowa Boukpessi de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales et Pius Agbétomey de la Justice. Au sortir de la séance, le ministre Gilbert Bawara a fait savoir qu’il s’agissait « de partager, avec les diplomates africains, les informations sur l’évolution de la situation sociopolitique, d’une manière générale, et particulièrement, sur la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO. Il a été l’occasion aussi de les remercier pour leur solidarité et soutien au peule togolais, à notre pays et aux autorités, pour sortir définitivement de la situation socio-politique que nous avons connue». A ses dires, il a été également question de «les rassurer sur l’état d’avancement dans la mise en œuvre de la feuille de route. Notamment, le processus électoral qui continue de se dérouler dans de bonnes conditions, avec l’appui et l’accompagnement de la Commission de la CEDEAO. Bien entendu, nous leur avons également fait part des mesures que le gouvernement continue de prendre pour apaiser davantage le climat social et décrisper la situation politique. Ceci, sans oublier les derniers incidents qui ont eu lieu à Lomé et à Sokodé et les rassurer que tous les efforts seront déployés pour faire la lumière sur ces incidents, identifier et traduire les responsables devant la justice ». Le ministre Bawara a souligné que le gouvernement a saisi l’occasion aussi pour encourager les ambassadeurs africains à s’impliquer dans l’observation du processus électoral, en particulier, la tenue du scrutin du 20 décembre 2018.

Cette rencontre faisait suite à celle initiée mardi dernier, à l’intention des ambassadeurs du groupe des cinq. Au cours des deux rencontres, le ministre Boukpessi a expliqué l’interdiction faite aux partisans du boycott des législatives du 20 décembre, par le fait qu’ils ont exprimé ouvertement leur engagement à «empêcher» ces élections par tous les moyens. Selon le ministre, «empêcher» est «différent de s’opposer». Si ce dernier concept relève du droit et des principes démocratiques, «empêcher», au contraire, fait appel à la violence. Suivant ses explications, «empêcher» est une infraction prise en compte par l’article 16 de la loi sur les manifestations et par l’article 129 du code électoral.

Depuis le 31 juillet dernier, la CEDEAO a défini, pour le Togo, une feuille de route visant à sortir le pays de ses récurrentes crises sociopolitiques. Cette feuille de route a prévu les réformes Constitutionnelles et institutionnelles par voie parlementaire ou, à défaut, par voie référendaire. Selon les membres du gouvernement, un projet de constitution est déjà adopté par la commission en charge à l’Assemblée nationale. Reste que le quorum puisse être atteint à l’hémicycle afin que ce projet de Constitution soit voté pour avoir force de loi. Pour l’instant, certains députés de l’opposition au Parlement refusent de se joindre aux autres pour dégager le quorum nécessaire.

 

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