« Les défenseurs des droits de l’homme sont ceux et celles de tous âges, genres et identités, qui sacrifient leur vie pour défendre la dignité humaine en promouvant et protégeant les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus. » Bruno HADEN

Le 9 décembre 2018, nous célébrons les 20 ans de la Déclaration des Nations Unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus. Elle est encore connue sous le nom de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme de 1998. Ladite déclaration est le passeport des Défenseurs des droits de l’homme, un outil fondamental et indispensable pour la protection et la reconnaissance des défenseurs des droits humains.

De Lomé à Libreville, de Bujumbura à Yaoundé, de Kinshasa à Tunis, vingt ans plus tard, ou en sommes-nous ? C’est dans ce cadre que se pose la réflexion sur la problématique de la protection des défenseurs des droits de l’homme en Afrique de   l’Ouest, en Afrique Centrale, en Afrique de l’Est, en Afrique Australe et en Afrique du Nord.

La société civile Africaine doit sensibiliser l’opinion publique et leurs Etats à une meilleure reconnaissance sur le rôle légitime  et du travail important que les défenseurs des droits de l’homme jouent dans le développement du continent.

Pourquoi les défenseurs des droits de l’homme sont-ils victimes d’actes de harcèlement, de représailles, d’espionnage, de surveillance, de menaces ou d’intimidation ? Pourquoi sont-ils accusés d’être des « terroristes », des « menaces à la sécurité », ou des « ennemis de l’Etat » dans le but de délégitimer leur travail ? Pourquoi sont-ils victimes d’attaques physiques, de tentatives d’assassinats ou de tueries ?

En interrogeant la cartographie des violations commises à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme sur le continent africain, nous notons que l’environnement entourant les défenseurs des droits de l’homme devient de plus en plus hostile. En 2017, 132 délits ont été commis à l’encontre des défenseurs dont 8 meurtres, 11 répressions, 6 intimidations et 101 abus judiciaires. Depuis janvier 2018 à août 2018, 115 délits ont été commis à l’encontre des défenseurs dont 5 meurtres, 17 répressions, 14 violences physiques, 17 intimidations et 61 abus judiciaires. Il y a mille et une raison de questionner l’impact des lois et politiques sur la protection des défenseurs des droits de l’homme en Afrique.

Quel paradoxe de constater que sur les 54 pays africains, trois pays ont pu mettre en application l’article 2 de la déclaration en son alinéa 2 qui dispose : « Chaque Etat adopte les mesures législatives, administratives et autres nécessaires pour assurer la garantie effective des droits et libertés visés par la présente déclaration. »

La protection des défenseurs des droits de l’homme

 Les Etats africains ont la responsabilité première de protéger les défenseurs des droits de l’homme afin de les aider à œuvrer pour la promotion et la protection des droits de l’homme. Ils doivent respecter leurs obligations au titre de la déclaration de 1998 des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme.

Ils doivent adopter des politiques et des mesures législatives en vue d’une meilleure protection des défenseurs des droits de l’homme.

En outre, méditons ensemble cette phrase de Kofi Annan, Ancien secrétaire général des Nations Unies, Prix Nobel de la paix : « Lorsque les droits des défenseurs des droits de l’homme sont violés, tous nos droits sont mis en danger et nous sommes tous moins en sécurité. ».

Par Bruno Germain HADEN

Consultant en surveillance, documentation et rapportage des violations des droits de l’homme

CHRONIQUE DES DROITS HUMAINS N°011

 

 

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