AGBOTI Yawo Mawuena, un nom assez évocateur sur la scène musicale tant sur les plans national qu’international, une vedette, un monument, un philosophe de la musique devenu populaire par ses morceaux « AblodeGbadja », « Medjago » ou « éléboto », « negnewoedé ? », « justice », « Koudjessou »ou « à toi ma mère »,« domegnogno », « agbelen’ko », « megalom de noume o », « sepopo », « yayra le dipo », « agbetomenyo », « tchodjinamawou » pour ne citer que ceux-la, il a parcouru le monde à travers sa musique, sa voix et ses textes. Il s’est imposé comme l’un des meilleurs artistes en Afrique et dans le monde et continue par écrire son histoire à travers plusieurs générations. Quinze (15) albums avec un 45 tour, il a célébré le 3 Février dernier 40 ans de carrière musicale dans une ambiance de grands jours avec à ses côtés de grands noms de la musique africaine à l’instar de KING MENSAH, BAILLY SPINTO… et la jeune génération de la musique togolaise.

Kamgou est allé à la rencontre du « roi du Sogo », l’octogénaire Maitre AGBOTI YawoMawuena alias « le plus jeune des jeunes » dans cette interview, lisez plutôt.

 

KAMGOU : Bonjour Me.AGBOTI

Me. AGBOTI : Bonjour Kamgou

KAMGOU : 40ans de carrière dans la vie d’un artiste, quel sentiment vous anime?

Me. AGBOTI : Merci de m’avoir donné l’occasion de parler un peu de ma carrière musicale. C’est vrai je suis en train de célébrer les 40 ans de ma carrière. Ça fait deux ans que j’ai commencé les préparatifs. Les troubles sociaux ont fait que j’ai dû reporter à maintes reprises mais Dieu étant de mon côté m’a permis de célébrer cette fête le 03 février passé. Ça été une fête vraiment à la hauteur de l’évènement. Je remercie l’Eternel de m’avoir donné cette chance de pouvoir satisfaire tous les spectateurs qui étaient présents au palais des congrès dans une salle comble. Je suis comblé de joie, je suis très satisfait et je rends grâce à Dieu. Quarante ans dans la vie d’un artiste, quarante ans de vie musicale, je pense que ce n’est que le signe de la reconnaissance de mon existence, reconnaître que je suis un être humain créé par Dieu et que parmi les êtres humains moi aussi j’ai ma part à donner. Dieu fait sa part moi aussi je dois faire  ma part. Je dois donner la gloire à Dieu, je dois louer Dieu pour ses bienfaits. Tout ce qu’il m’a fait connaitre comme bonheur, comme côté bassesse, dans tout ce qu’il me dit d’être positif et reconnaître que c’est lui qui est omnipotent devant moi et à mes côtés il est omniprésent. Ce n’est que le signe de célébrer l’existence de l’éternel Dieu qui m’a donné ce don qui est le don de la musique de chanter pour apaiser les esprits, encourager les initiatives positives, être un arbitre dans les foyers. Que mes chansons servent de liaison entre les couples pour une vie conjugale positive, que chacun trouve satisfaction en écoutant mes chansons et que chacun trouve sa part dedans. Chacun arrive à prendre mes chansons comme des séances de prière, les moments de joie. Que mes chansons édifient la vie de tout le monde pour le meilleur pas pour le pire. Par ce, je vis d’une manière positive je suis un extra-positif infini. C’est ma façon de vivre et je rends toujours grâce à Dieu de m’avoir donné l’intelligence de choisir toujours ce qui est positif.

 

KAMGOU : Des hauts et des bas durant cette carrière? Dites-nous

Me. AGBOTI : Dans la vie de tout un chacun il y’a des hauts et des bas. Je pense que quand ça marche pour tout le monde, tout le monde est content. J’ai commencé en 1977 et j’ai participé au festival organisé par radio Lomé dénommé « interview 77 »il y’avait mes grands frères et mes grandes sœurs, les AKOFA AKOUSSA les ASSAKPOMANYO et MELO TOGO…beaucoup qui était dans le métier et connu avant moi. Mais petit que j’étais Dieu m’a donné la force de m’exprimer parmi les grands. A ce festival j’ai occupé le deuxième rang ce qui n’a pas plu au public puisqu’il a crié sur les membres du jury qu’ils ont triché le petit au palais des congrès. Et en 1980, il s’agissait d’élire l’étoile d’or de la chanson togolaise. Je me suis inscrit pour prendre part à ce festival avec la chanson « Mawouvahonam ». C’est un festival dédié seulement à ceux qui ont des chansons jouées sur les antennes et pas pour des novices mais ceux qui ont déjà sorti les disques ou ont des chansons sur les bandes magnétiques jouées à la radio. Comme je suis parmi ceux-là qui ont des chansons passées  sur les antennes, avec ma chanson « Koudjessou » du festival  « interview 77 » sortie sur le disque 45 tour j’ai participé et j’ai occupé la première place ce qui veut dire que j’ai eu le premier prix. C’est moi qui ai eu le premier prix et depuis ce temps, je me suis lancé dans la carrière de la musique, j’ai vu que je pouvais prendre la musique comme métier et je l’ai embrassé d’une manière forte et ce qui m’a donné beaucoup de succès. Je suis allé aux Etats-Unis en 1985 au festival de la Lysiane. J’ai sorti des disques qui ont connu des succès. Juste au retour du festival de la Lysiane j’ai sorti à Paris le disque « Médjago » que les mélomanes ont surnommé « Elé Boto Elé Boto ». J’étais dans la joie quand le Togo devait organiser sa conférence nationale souveraine pour réunir toutes les couches sociales après mon retour du Burkina-Faso où j’ai été invité pour une tournée. J’ai suivi la conférence nationale souveraine à la radio comme à la télé et comme les comportements des délégués à la conférence ne me plaisaient pas j’ai sorti la chanson « Ablode Gbadja » pour calmer les esprits par ce qu’ils sont partis pour la réconciliation et non pour la division et la haine. Cette chanson m’a encore propulsé très haut très fort et j’ai encore gagné tous  les cœurs des togolais dans toutes les maisons du Togo. C’est ainsi que j’étais fichu dans la joie mais  sans savoir que je devais fuir pour aller en exile par ce que les ennemis ont cherché à me créer des problèmes que c’était contre des Kabyè alors que je prônais la réconciliation. Dieu merci aujourd’hui cette chanson est reconnue comme une chanson de réconciliation, de mythe qui va rester toujours à jamais. Lorsque j’ai quitté le Togo ça m’a fait beaucoup de peines, c’était le moment où j’ai beaucoup peiné par ce que je n’étais pas au pays pour continuer mon succès. Je devais travailler à l’extérieur pas seulement dans le domaine musical mais je devais faire d’autres travaux dont je n’étais pas habitué. C’était le côté bas de ma carrière et lorsque j’ai appris que le Togo a noué ses relations encore avec l’opinion internationale, je suis retourné depuis 2010 au Togo où j’ai recommencé à me faire toujours connaitre comme avant. J’ai toujours ma place et je rends grâce à Dieu.

KAMGOU :Des perspectives ?

Me. AGBOTI : Mon avenir s’annonce très radieux. Je vais toujours continuer par chanter pour bercer la vie des gens avec ma musique. Je vais chanter la vie, chanter Dieu et envoyer des messages qui doivent servir de leçon pour une vie meilleure. Je vais aussi continuer par soutenir l’orphelinat de KOVIE pour que je puisse avoir de l’expérience et ouvrir mon orphelinat dans mon village à HAVE dans la préfecture du ZIO. Je vais payer l’écolage des orphelins de  l’orphelinat de KOVIE, comme c’est une œuvre sociale, Dieu va m’aider à pouvoir arriver à honorer mes engagements. Je vais payer l’écolage de ces élèves pour que je puisse avoir l’expérience pour m’occuper de mon orphelinat que je vais ouvrir dans mon village dans l’avenir.

 

KAMGOU : Quel bilan pour la musique togolaise en générale?

Me. AGBOTI : C’est un bilan positif par ce que il y’a eu un début une continuité et notre génération aussi est venue s’ajouter donc après nous, voici une nouvelle génération qui arrive avec une forme de musique que nous acceptons et nous les encourageons à travailler davantage avec l’idée de côtoyer leurs ainés pour que le standard de la musique togolaise soit reconnu.

KAMGOU : Des conseils aux jeunes artistes ?

Me. AGBOTI : La musique est un travail comme tout autre travail par lequel on peut gagner sa vie. Il suffit de bien travailler et vous allez réussir. Aimez la musique comme tout autre travail et vous allez réussir.

Je remercie le public togolais, le public qui m’a toujours soutenu depuis  mon début jusqu’à présent. Merci du fond du cœur qu’il soit béni à l’éternel. Que le public continue toujours à soutenir la musique togolaise.

 

Interview réalisée par Estelle KOUDJONOU

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