La feuille de route de la CEDEAO pour une sortie de crise au Togo porte- elle en elle les germes d’un second 19 Août au Togo ? La question mérite d’être posée au regard des polémiques que suscitent déjà sa mise en œuvre.

La date butoire du 20 décembre recommandée par la CEDEAO pour tenir les élections législatives est déjà à nos portes, et si les acteurs politiques n’arrivent déjà pas à s’entendre sur la recomposition inclusive de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) souhaitée par la feuille de route, qu’en sera-t-il de la réforme de la Cour Constitutionnelle et du vote de la diaspora ?

Gerry Taama président national du parti politique, le  Nouvel Engagement Togolais (NET), invité d’un forum de discussion organisé ce 14 Août à Lomé par l’association des défenseurs des droits de l’homme, « Novation internationale » sur le thème : « feuille de route de la CEDEAO, quel espoir de sortie de crise ? », est revenu sur les forces et les faiblesses de cette feuille de route et a souhaité que la CEDEAO se prononce de façon claire sur la recomposition de la CENI.

Selon lui, la CENI actuelle est composée sur la base de l’article 12 du code électoral et fonctionne sur la base de l’article 36 du même code qui considère qu’à partir de 9 personnes, le quorum est atteint, alors le problème qui est soulevé par les uns et les autres ne peut trouver satisfaction que par l’arbitrage de la CEDEAO.

« Si les facilitateurs de la CEDEAO considèrent que la CENI dévie les recommandations qu’elle a faites, il revient à la CEDEAO de remettre la CENI dans le droit chemin », a-t-il déclaré.

En attendant l’arbitrage de la CEDEAO pour que la CENI où siège déjà un représentant du NET, puisse avancer dans le processus électoral et se donner les meilleures conditions pour organiser les élections, Gerry Taama trouve que le second couac du cadre électoral serait le vote des togolais de la diaspora.

« Les recommandations de la CEDEAO restent un peu incomplètes parce que nous, nous avons proposé de mettre des circonscriptions électorales au niveau de la diaspora, ceci aurait permis déjà à la diaspora de voter pour les élections législatives mais s’il n’y a pas de circonscription électorale pour la diaspora, on serait obligé d’attendre 2020 pour que le vote de la diaspora soit effectif. Sauf à appliquer un des éléments de l’ancien code électoral qui permet à tous ceux qui sont dans la diaspora de voter dans la commune de Lomé comme c’était prévu par le code électoral », a renseigné M. Taama.

Pour ce faire, il propose la création des circonscriptions de la diaspora, quatre (4) au total : une en Europe, une en Asie, une en Amérique et une en Afrique, en attendant de faire un recensement général pour connaître le poids démographique de cette diaspora sur les 4 continents.

Mathurin AZIAKPOR.

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