L’intelligentsia togolaise encore à l’honneur. Le Prix Abdoulaye Fadiga pour la promotion de la recherche économique, édition 2018, a été décerné hier au Togolais Gammadigbé Vigninou. Doctorant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’Université de Lomé, M. Vigninou est l’auteur de l’article intitulé : «Survie des banques de l’Uemoa : les nouvelles exigences de fonds propres sont-elles pertinentes ?» La cérémonie de remise du prix a pour cadre le siège de la Bceao.

L’identité du lauréat de la 6e édition du Prix Abdoulaye Fadiga pour la promotion de la recherche économique a été dévoilée hier. Il s’agit du doctorant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’Université de Lomé, Gammadigbé Vigninou. De nationalité togolaise, M. Vigninou a présenté une étude intitulée : «Survie des banques de l’Uemoa : les nouvelles exigences de fonds propres sont-elles pertinentes ?»
Cet article, explique Pr Adama Diaw, président du comité de lecture du prix, par ailleurs membre du jury, «analyse le rôle des fonds propres réglementaires dans la survie des banques de l’Uemoa afin d’en déduire la pertinence des nouvelles normes baloises entrées en vigueur le 1er janvier 2018». Mieux, souligne l’universitaire, l’étude «traite d’un thème d’actualité et la problématique apparaît claire et pertinente. La revue de la littérature est adaptée et satisfaisante». Examinant la méthodologie utilisée, M. Diaw relève qu’elle «est novatrice, bien présentée et justifiée».
Et, selon lui, «les enseignements et recommandations issus des résultats de l’étude sont clairs et confirment l’importance que doivent accorder les autorités monétaires et bancaires aux avantages d’une bonne capitalisation.
Les conclusions de l’article indiquent principalement que les fonds propres jouent un rôle important dans la survie des banques de l’Uemoa, en réduisant de manière significative leur probabilité de faillite. Ces fonds propres disposent d’une capacité prédictive de difficultés bancaires sur un horizon temporel allant de 1 à 3 ans. Ainsi, une hausse du ratio des fonds propres de 1% se traduit par une baisse de probabilité de faillite des banques de l’Union située entre 2,16% et 2,73%».
Au total, précise Pr Diaw, «l’étude plaide pour une meilleure gestion des institutions bancaires relativement au pilotage des fonds propres et à la prise de risque. Il s’agit d’une contribution pertinente et de portée significative, qui rend compte d’un travail sérieux et de très bonne facture».
Quant au Prix d’encouragement, il a été attribué à Aboudou Ouattara, de nationalité ivoirienne, enseignant-chercheur au Centre africain d’études supérieures en Gestion (Cesag) au Sénégal, à Kouamé Désiré Kanga, de nationalité ivoirienne, enseignant-chercheur à l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (Ensea) en Côte d’Ivoire et à Ruben Barnabas Djoubenou, de nationalité béninoise, ingénieur statisticien économiste au Cabi­net du Conseiller spécial du Premier ministre du Sénégal et à l’Institut des futurs africains (Ifa). Ces trois lauréats sont co-auteurs de l’article intitulé : «Hétéro­généité des économies de la Cedeao : quel défi pour une politique monétaire commune ?»
Une étude qui, d’après Pr Diaw, «aborde la question de l’optimalité de la politique monétaire en union monétaire en examinant de façon prospective les conditions d’une plus grande efficacité d’une politique commune à l’échelle de la Cedeao. A cette fin, l’article analyse la réaction des pays de la Cedeao à un choc commun de politique monétaire en tenant compte de l’hétérogénéité de leurs économies».
Et comme récompense, le lauréat du Prix Abdoulaye Fadiga empochera une somme de dix millions de francs Cfa plus une attestation de réussite. Et pour les élus du Prix d’encouragement, ils encaisseront chacun une somme de cinq millions de francs Cfa plus une attestation de réussite.
Conformément aux engagement de la Bceao, ces lauréats devraient «pouvoir solliciter la Banque pour obtenir une bourse leur permettant de terminer leurs recherches et un séjour pendant deux ans à la Banque au cas où ils souhaiteraient aller un peu plus loin dans leur connaissance de l’institution d’émission».
Pour rappel, «cette 6e édition a été lancée le 31 juillet 2017 et la date limite de réception des candidatures avait été fixée au 31 juillet 2018. A cette date, 37 articles ont été reçus. Ces articles, préalableent mis sous anonymat, ont fait l’objet d’évaluation par un Comité de présélection, le 25 septembre 2018. A l’issue des travaux dudit Comité, 9 articles ont été retenus et soumis à l’attention des membres du Comité de lecture».
Le Comité de lecture du Prix Abdoulaye Fadiga a pour rôle d’examiner la valeur scientifique des articles qui lui sont soumis suivant quatre critères clés, à savoir la pertinence de la problématique, la qualité de la revue de la littérature, la robustesse de la méthodologie et la rigueur de l’analyse des résultats. C’est sur la base de ces critères ainsi que la contribution des articles à la réflexion sur les problèmes économiques auxquels sont con­frontés les Etats membres de l’Uemoa, que les membres du Jury ont fait le choix des deux articles qui ont été primés, note le président du Comité de lecture.
Décerné tous les deux ans, le Prix Abdoulaye Fadiga vise à promouvoir et à renforcer la recherche économique dans l’espace Uemoa. Ainsi, soutiennent les autorités de la Bceao, «il devrait favoriser l’émergence de travaux de recherche de qualité sur la formulation et la mise en œuvre de politiques économiques pertinentes pour le développement desdits Etats ainsi que la prise en charge, par les milieux scientifiques nationaux et internationaux, des questions relatives à une meilleure connaissance des économies de l’Union… ».
«Donner au Prix Abdoulaye Fadiga une dimension africaine»
Le Gouverneur de la Bceao a annoncé hier de nouvelles initiatives qui devraient permettre d’élargir le champ de la recherche économique. Tiémo­ko Meyliet Koné veut étendre le Prix Abdoulaye Fadiga à toute l’Afrique. «Nous espérons aussi pouvoir dans les prochaines années, donner à ce prix une autre dimension dans le cadre d’une fondation qui porterait son nom (du Gouverneur Fadiga)», a déclaré hier l’autorité de l’institution d’émission, à l’occasion de la cérémonie de remise de la 6e édition du prix, qui a été institué pour honorer la mémoire du premier gouverneur africain de la Bceao. L’édition 2018 a coïncidé avec la commémoration du trentième anniversaire de son décès.
La Bceao obtient la norme de sécurité de données
La cabinet Lmps, un groupe marocain spécialisé dans les métiers de la sécurité de l’information, de la conformité et de la gestion des risques, a profité de la cérémonie de remise du Prix Abdoulaye Fadiga, qui a eu lieu hier dans les locaux de l’institution d’émission, pour remettre au Gouverneur, Tiémoko Mey­liet Koné, un certificat de conformité à la norme Pci dss.
Cette distinction découle, selon les collaborateurs de Koné, d’un audit qui a été effectué à travers le système d’information de la banque et à l’issue duquel le périmètre des données des porteurs de cartes bancaires du système d’information de la Bceao a été jugé conforme à la norme de sécurité de l’industrie des cartes de paiement (Payment card industry data security standard ou Pci dss) pour une durée d’un an, à compter du mois d’avril 2018.
Avec SN

Laisser un commentaire