Selon le 4eme recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH),la population togolaise est majoritairement jeune. 60% de la population a moins de 25 ans et 42%, âgée de moins de 15 ans, un véritable atout pour le développement économique du pays mais force est de constater que depuis un moment, cette jeunesse se démotive et pour cause les difficultés liées au travail que ce soit dans l’administration ou en entrepreneuriat .Afin de lui redonner les ailes, Kamgou est allé à la rencontre d’un jeune entrepreneur qui a accepté de nous conter sans langue de bois son parcours. Lisez plutôt.

KAMGOU : Bonjour Monsieur, présentez-vous à nos lecteurs.

AFFO : Je m’appelle AFFO Kossi, je suis un ingénieur agroéconomiste de formation et je suis spécialisé dans la gestion des projets et le maniement des engins agricoles. Je suis aujourd’hui le Directeur des opérations d’une institution financière de la place.

KAMGOU : Vous avez aujourd’hui plusieurs cordes à votre arc avec un parcours riche, félicitations. Mais avant d’arriver là, il y a eu des hauts et des bas, voudriez-vous les partager avec nous ?

AFFO: Merci beaucoup Kamgou. Dire que mon parcours est riche c’est un peu exagéré puisque la réalité est là, nous allons la raconter et aux lecteurs d’apprécier.

En réalité j’ai fini mes études d’ingénieur à l’Université de Lomé en 2002 où j’ai fait ma soutenance. Et après la soutenance, le chômage est toujours la chose qui nous accueille et donc conscient que nous sommes nés d’une famille qui est pauvre, de parents agriculteurs et ne pouvant compter sur personne, nous nous sommes rapidement diriger vers l’entreprise agricole, l’entrepreneuriat agricole. Certes à ses débuts les parents ou mes frères faisaient pression sur moi pour chercher du boulot dans la fonction publique mais en réalité, je me connais un peu et je sais ce que je peux supporter et ce que je ne pas supporter. Sans avoir fait l’administration publique j’ai vu beaucoup d’exemples et ce n’est pas la meilleure chose qui m’enchantait donc je suis retourné à Notsè calmement parce que d’abord, c’est là-bas que j’ai fait mon stage de mémoire et puis je suis de la préfecture. J’y ai donc commencé mes activités agricoles. Conjointement à ces activités j’ai fait de l’enseignement, j’enseignais les mathématiques et physiques au lycée juste pour pouvoir couvrir ma journée et dégager de petits revenus pour pouvoir faire avancer ma ferme.Après trois (03) ans d’exploitation ma ferme avait  pris, je voyais mes collègues dans l’administration mais ça ne me faisait ni chaud ni froid parce que c’est vrai que je n’avais pas leur niveau de vie mais je savais exactement là où j’allais. Et donc en 2005, j’avais réussi à mobiliser un peu d’argent et je m’étais inscrit à l’Université de GEMBLOUX en Belgique pour pouvoir faire une petite spécialisation et approfondir ma capacité intellectuelle. J’étais déjà  marié et ce n’était pas aussi facile la décision mais après ces études je suis revenu au pays, ce qui a déçu certains parce qu’ils croyaient qu’après avoir trouvé le chemin de l’Europe il ne suffisait qu’à faire les affaires ou bien gagner un job en Europe et s’enrichir. Ce n’était pas ma vision et d’ailleurs le temps que j’ai passé là-bas, m’a confirmé que je n’avais rien à faire en Europe parce que ce n’était pas exactement ça mon chemin. Quand je suis revenu au pays, j’ai repris mes activités à la ferme, et en 2007-2008-2009, ma ferme a connu une vitesse de croisière où je faisais de l’ananas, les cultures céréalières(le soja, le maïs) que je vendais à l’Agence Nationale pour la Sécurité Alimentaire du Togo, (ANSAT) et l’ananas était vendu à une société de transformation pour l’exportation en Suisse. J’ai tiré pas mal de moyens pendant ce temps.Comme j’étais conscient que je suis dans le privé et l’activité que je menais m’usait physiquement et que je devais également préparer ma retraite, je l’avais orientée vers les plantations de tecks sachant très bien que leur exploitation est véritablement lente et doit se passer après 20 ans histoire pour moi de dire déjà qu’à 50 – 55 ans d’âge je pouvais jouir d’une retraite réussie rien qu’en exploitant mes fermes ou plantations.

En 2009, il y a eu le premier forum du paysan togolais à KARA où j’ai été nominé premier meilleur producteur de fruits dans la région des plateaux par le Président de la république. J’ai été décoré par ce dernier et la même année, le Président Faure GNASSINGBE était venu à Notsè avec toute une grande délégation et pour faire don de matériels agricoles à la population et c’est dans ce cadre  que j’avais eu la chance d’avoir été désigné comme porte-parole des agriculteurs pour le remercier. Sans toutefois faire les détails il a constaté qu’il y avait un travail sérieux qui se faisait dans notre ferme.Bon, nous sommes au regret de dire que tout ce qui a été promis rien de ça n’a été réalisé jusqu’alors. Nous n’avons pas été surpris parce que ça été toujours comme ça et donc lorsqu’on sait quelque chose d’avance on n’est pas surpris. Nous avons démarré effectivement à 0f comme je le disais au début nous n’avons pas de famille riche, nous n’avons pas approché une banque parce que ce n’était d’ailleurs pas  possible, on ne ressemblait à rien donc c’est Dieu aidant avec notre engagement aussi.

En 2010 nous avons été saisis par les amis à Lomé qui lisaient un journal (parce que je ne lisais pas trop moi-même cette presse à l’époque) où on voulait recruter un ingénieur agro économiste qui a fait la gestion d’une exploitation et la gestion des projets ; c’était une offre et j’ai accepté.

KAMGOU : Un long parcours en effet. Combien d’hectares vous exploitez aujourd’hui, quelles sont les  cultures que vous y faites ?

AFFO: Effectivement c’est un peu pénible, aujourd’hui nous avons à notre actifautour 62 hectares et sur les 62, autour de 50 sont occupés par les tecks. C’est des plantations reboisées en teckset donc en âge d’être exploités en perche, en poteau, certains même en grume. Le reste de la superficie, une quinzaine est exploitée en ananas, une petite partie en céréales et puisque nous ne sommes plus sur place nous avons réduit l’exploitation qui demande notre présence quotidienne pour juste laisser au stricte minimum pour que le suivi soit facile.

KAMGOU : Vous aviez dit plus haut avoir démarré à 0f mais par quelle stratégie vous avez acquis les terrains et comment le développement s’est fait?

AFFO:Quand je dis que j’ai commencé à Of,effectivement quand j’étais sorti de l’Université, même pour manger c’était un problème et donc j’avais voulu enseigner les mathématiques dans une école privée d’abord où j’étais à 45.000f par mois et en tant que ingénieur agricole de son état, ce salaire n’était pas évident mais je l’ai accepté parce qu’ il faudrait que je vive et l’autre chose, j’avais demandé que mes cours soient réunis de lundi à mercredi pour que je me dégage pour mes activités. Je faisais les cours les matins et j’avais les après-midi plus les journées de jeudi, vendredi et samedi.Donc je travaillais avec une société qui était déjà dans la transformation de l’ananas pour laquelle je faisais office d’inspecteur de produit bio où elle me payait de petits trucs. Si je me rappelle bien j’étais payé à la tâche à 10.000f la journée. Maintenant j’ai développé mon propre réseau parce que j’ai vendu les tonneaux vides que j’allais acheter chaque samedi que je revenais revendre au bonnes dames du marché de Notsè et donc je m’approvisionnais chaque samedi de 100 tonneaux que je vendais et je gagnais 1000f par tonneau donc chaque samedi cela fait 100.000*4 ce qui fait 400 milles francs par mois. Beaucoup ne savaient pas qu’on peu trouver de l’argent dans la vente des tonneaux, mes collègues de la fonction publique étaient autour de 200 ou 250.000 f donc si je peux vendre les tonneaux chaque samedi et avoir 400.000f par mois, je ne perds rien. Ça m’a permis d’avoir un peu d’argent. Je faisais également les pépinières de tecksen pot etça me permettait de vendre.Il y a eu des années où j’ai vendu les pépinières pour 3 millions, 4 millions quand on fait les pépinières en tecks ça ne ressemble à rienmais je gagnais de l’argent et c’est avec ça j’ai acheté progressivement mes domaines jusqu’à atteindre ces superficies aujourd’hui. En ce moment je n’avais pas le pouvoir de prendre un prêt ni appuyer par un membre de ma famille ni par le gouvernement.

KAMGOU : Finalement vous n’avez pas démarré à 0 f.

AFFO: Oui c’est ça démarré à 0 f. Quand je quittais Lomé après mon diplôme d’ingénieur, je ne suis pas allé en Belgique avec 1f, je suis allé les mains vides et, combien d’entre nous sont prêts à aller avec leur diplôme d’ingénieur faire l’enseignement pour 45 mille ? J’avais loué ma chambre, une pièce à 2000f par mois où je dormais. J’avais ma natte mais je ne suis pas mort.

KAMGOU : Vous avez reçu la visite du Président Faure Essozimna GNASSINGBE dans votre ferme après qu’il vous ait décoré. Vous l’aviez dit qu’à son passage il a fait des promesses qui n’ont pas malheureusement été  tenues, quelles sont les promesses qu’il vous a faites effectivement ?

AFFO: C’est un sujet qui me traumatise souvent, c’est comme vous vous attaquez au premier responsable du pays puisque je ne veux pas être politique je sais ce que j’ai à faire. En réalité le Président était venu à Notsè pour offrir des houes, des dabas, des brouettes et des pèles à la population.En ce moment le Premier Ministre d’aujourd’hui Son Excellence M. Komi KLASSOU était le ministre des enseignements primaires et secondaires. Ils ont eu la malchance de me choisir pour le remercier et ce qu’ils ont écrit je n’ai pas lu ça j’ai juste dit au Président que je suis désolé qu’on soit en l’an 2010 et qu’on vienne donner des houes et des coupes-coupes à la population et des brouettes qu’est ce qu’on fait avec les brouettes au champ ? Si c’est des houes et des coupecoupes, on est en mesure de les acheter. Ce qui nous manque, c’est les tracteurs, c’est l’eau pour irriguer les cultures parce que les producteurs travaillent 6 mois sur 12, c’est normale qu’on soit pauvre et lorsque quelqu’un doit travailler et percevoir 6 salaires sur 12 il ne peut être que pauvre donc c’est ce que vivent les producteurs. C’est l’eau qui va leur permettre de travailler 12 mois sur 12 .Quand j’ai dit cela ce n’était pas du goût de beaucoup de gens, c’était comme j’ai insulté le Président et quand je voulais saluer le président il a demandé à connaitre ma ferme. Lors du protocole le Président à demandé si je suis agriculteur ou politique j’étais obligé de dire je suis les deux et c’est de là qu’il a visité ma ferme, qu’est ce que ça a donné ?J’avais un nombre important de houes et il m’avait demandé ce dont j’ai besoin j’ai répondu que j’ai besoin d’un forage qui puisse me permettre d’irriguer et jusqu’à présent rien n’est fait.

KAMGOU : Quel est le secret de votre réussite ?

AFFO: En réalité je ne peux pas parler de réussite, je suis sur le chemin de réussite et je cherche encore mais je ne suis plus au point de départ mais sur ma route de réussite, il faut reconnaitre que tout au début, je me suis identifié, caractérisé puis j’ai cherché à savoir qui je suis, qu’est ce que je peux faire ? J’ai compris à mes débuts que je ne pouvais pas exercer dans la fonction publique ; j’avais des ambitions qui ne permettaient pas d’échelonner ma pauvreté c’est-à-dire je ne veux pas vivre un peu un peu jusqu’à mourir. Je voudrais traverser une période de souffrance à outrance et quand je réussis je vis donc j’ai voulu avoir 2 périodes de vies : une période de grande souffrance et une période où je réussirai pour vivre normalement et atteindre mes ambitions. J’ai compris qu’il n’y a que dans le privé que je peux obtenir ces 2 étapes. Dans la fonction publique, c’est comme vous échelonnez vos souffrances sur toute votre vie donc le secret je suis très rigoureux envers moi même et envers ceux qui travaillent avec moi .Je ne suis pas manipulable c’est-à-dire que je ne me laisse pas aller. Troisième chose c’est que je ne me confie jamais à personne et je ne permets à personne de contrôler mon destin. Je contrôle mon destin avec mon Dieu et donc je suis très croyant je me suis confié à Dieu mais je ne baisse pas la garde et c’est dans ma tête, tout ce que j’engage, je veux que ça aboutisse. Ma vie est jonchée en permanence de projets donc je ne vis pas sans projets, je ne vis pas sans objectifs ; tout ça réunit aujourd’hui me permet de dire que je suis sur la bonne voie et que mes ambitions sont illimitées. Ça je peux le dire je ne confie pas mes ambitions à tous les prix, cela veut dire qu’il y a des lignes  rouges que je me suis tracé que je ne peux pas franchir donc au nom de tout ça je me suis dis si Dieu le permet, si mon créateur le permet je réussirai certainement, je me fais confiance en ma capacité de dépasser les épreuves et les obstacles. Rien ne m’émeut, rien ne me fait peur même la mort ne me fait pas peur j’avance peu importe le prix à payer.

KAMGOU : Vous aviez vite trouvé votre chemin qui selon vous se trouve dans l’entrepreneuriat, mais comment expliquer le fait que vous vous retrouviez dans l’administration ?

AFFO: Il faut dire d’abord que ce n’est pas une administration publique. C’est dans l’administration privée où les choses ne se passent pas comme dans le public mais avant que je ne débarque là-bas par accident, je voudrais dire que l’offre d’emploi a été faite dans un journal, c’est mon professeur d’Université qui a vu l’offre et m’a appelé parce que en ce moment j’étais à Notsè ,il me dit que c’est un profil qui me convient et il faut que je souscrive à cette offre. Tout suite je lui ai dit non que je ne suis pas intéressé et il m’a fait comprendre que je le connais, il a ses entreprises et gagne sa vie mais ça ne l’a pas empêché de continuer d’être enseignant chercheur à l’Université de Lomé. Que la vie ne se résume pas seulement à l’argent mais dans le service qu’on  rend aux autres.  J’étais très touché par ses paroles et je me suis dit bon qu’importe si je dépose et on ne me prend pas j’aurai fait ma part et malheureusement quand j’ai postulé à cette offre j’étais celui qui est retenu et c’est comme ça par accident que je suis tombé dans l’administration privée. Mais quand j’étais venu j’étais dans l’ambition de faire 5 ans et de retourner à mes premiers amours, la preuve, j’ai déjà déposé deux fois ma démission mais aujourd’hui je fais 9 ans .Mais le moment viendra ou je quitterai. Il y aura un temps où je raconterai ma vie ici mais quand je serai dehors.

KAMGOU : Quels conseils à l’endroit des jeunes qui veulent emboiter vos pas ?

AFFO: Les mots à l’endroit de la jeunesse je ne peux leur dire que courage ! Parce que notre jeunesse n’a plus de repère, je suis jeune moi aussi donc nous n’avons plus de repère, nous sommes déboussolés, tout est sombre mais je peux leur demander d’avoir de l’espoir mais l’espoir ne doit pas exister les mains croisées. Je demande à la jeunesse de se faire confiance en elle-même et de comprendre que lorsqu’on va à l’école et on a un diplôme, le diplôme ne vaut rien, votre diplôme doit être dans votre tête. Vous devez vous poser la question fondamentale je fais quoi pour vivre ? Je fais quoi pour ne plus dépendre de mes parents? Je fais quoi pour ne plus dépendre de mes frères ? Je fais quoi pour réaliser mes ambitions ? Et ces questions vont nous ramener effectivement vers des jobs qui sont pour payer des choses qui ne valent pas grande chose. Je donnerai l’exemple d’un ami avec qui j’ai fait le secondaire, on a eu le BAC ensemble moi je suis venu en agronomie, lui il est allé en géographie. Après sa maitrise en géographie, il est allé parce qu’on ne trouvait pas à manger ça on ne peut pas le cacher et donc il est devenu gardien de nuit avec son diplôme de géographie. Même enseignement il n’avait pas trouvé donc son salut est venu de ce poste de gardien de nuit,comment ? C’est que le Monsieur chez qui il gardait la nuit avait une fille qui faisait la classe de terminale et quand le professeur de mathématique était venu pour les cours de répétition à la maison ils ont faussé l’exercice et le gardien voyait. Il a pris tout son courage à deux mains pour dire que l’exercice est faux. Ça n’a pas été du gout de la grande fille en classe de terminale, de haute classe et donc elle s’est plainte au retour de son papa, le papa très sage a interpellé le gardien pour comprendre ce qui s’est passé et ce dernier dit que l’exercice qui était traité était faux parce que lui il a eu un BAC D avec mention et il a fait la géographie avec à la clé sa maitrise. Le patron n’en revenait pas, il ne croyait pas mais il lui a donné la chance d’apporter son dossier et c’est en apportant le dossier le lendemain qu’il a été recruté avec chauffeur et logé dans une grande entreprise à Cotonou. Aujourd’hui, je ne sais pas exactement combien il gagne mais il ne tire pas le diable par la queue. Il est un grand cadre de cette société. C’est pour dire tout simplement que s’il n’avait pas voulu être gardien de nuit peut être qu’il ne croiserait jamais ce monsieur sur son chemin. Donc le temps où on va chez les Ministres pour chercher du travail à mon avis, le temps où on va chez des députés pour chercher du travail, le temps où on compte sur son grand frère pour lui trouver un emploi, ce temps est révolu. C’est le temps des ambitions, c’est le temps de sortir tout ce qu’on a comme potentialité et s’il faut être balayeur de rue il faut qu’on balaie bien, s’il faut faire la vaisselle avec un diplôme de Doctorat moi je n’ai aucun problème avec ça parce que l’essentiel c’est que je sois indépendant, l’essentiel c’est que je jouisse de ma liberté, l’essentiel c’est que je sois fidèle à mes ambitions et donc en commençant par les petits jobs, nous verrons que nos rêves seront réalisés. L’espoir doit être accroché à nos diplômes dans la tête et non au diplôme papier qu’on trimbale de bureau en bureau. Je pense que si je n’avais pas accepté aller au champ et avoir une exploitation agricole, je ne rencontrerai peut être jamais le président de la république, je ne serai jamais décoré. Peut être quand on avait fait l’offre pour l’institution financière, je n’étais pas le seul ingénieur agronome mais les autres n’avaient pas ce profil pointu, parce que j’ai accepté de retourner au champ que ça a amélioré mon profil pour me permettre rien que les yeux fermés de pouvoir évaluer un projet agricole et savoir s’il est rentable ou non et ce qu’il faut améliorer. Donc je demande à la jeunesse de ne pas s’accrocher au diplôme mais d’aller vers ce que la nature leur offre et je demande également aux lecteurs ; je sais qu’il y a de grands entrepreneurs qui ont réussi , ce que je dis là c’est enfantin je le sais très bien car je sais qu’il y a des gens qui ont mieux fait mais ces gens lorsqu’ils vont lire mes témoignages qu’il prennent contact avec le journal Kamgou pour témoigner de comment ils ont réussi, ça va donner une ouverture à quelqu’un, à un jeune pour comprendre que je ne suis pas seul à vivre cette situation. S’il y a eu ces cas dans le passé qui ont réussi c’est que ces cas vont réussir encore aujourd’hui et pour des hommes politiques ou des gens qui ont suffisamment amassé de l’argent enterré un peu partout je leur demande de prendre ne serait ce que 10%, 5% de leur fortune pour créer des PME/PMI pour permettre aux personnes de la catégorie d’exécution qui ne veulent être que des salariés de travailler, d’être employés dans leur société pour faire vivre leur famille et ils auront apporter un grand plus à l’économie nationale mais l’argent enterré n’apportera rien à l’économie du pays.

KAMGOU : Avez-vous  une doléance aujourd’hui en tant qu’acteur agricole à faire porter au niveau de gouvernement ?

AFFO: Je suis un peu gêné par rapport à ça mais même si je le dis je ne sais pas s’ils prendront ça en compte parce qu’on ne réveille pas quelqu’un qui ne dort pas ! Je pense que le gouvernement connait le bien et le mal. La seule chose que moi je leur demande c’est que les projets de développement soient de véritables projets de développement totalement dissociés de l’action politique. Les deux ne peuvent pas faire chemin parce que l’histoire politique de notre pays fait que lorsqu’on met les deux ensembles ça ne marche pas et je doute que ça marche un jour.

KAMGOU : C’est l’occasion d’avoir votre avis sur le PND, qu’est ce que vous en pensez ?

AFFO : Je refuse de parler du futur, je vais parler plutôt du passé, je sais qu’il y a eu la SCAPE, la DSRP1, DSRP2, le PNIASA, le PNPER, le PSAEG, le FAIEJ, le PRADEB, le PAEJ-SP … Mais je ne voispas les résultats donc je connais le passé et je refuse de me prononcer sur l’avenir, comme je n’ai rien dans le passé je crains que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets.

KAMGOU : Nous vous remercions

AFFO: Merci à vous aussi !

Interview réalisée par Estelle KOUDJONOU

 

 

 

 

 

 

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