La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition (C14) ne compte pas rester les bras croisés et voir le pouvoir de Faure Gnassingbé mené unilatéralement la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO.

Réunie en conférence de presse ce jeudi 16 août à Lomé, la coalition  coordonnée par  Brigitte Adjamagbo Johnson a rendu public un mémorandum contenant les propositions de la coalition pour la mise en œuvre cette feuille de route.

Loin de paraitre comme de nouvelles revendications, ce mémorandum décliné en 12 points est un récapitulatif des propositions faites par la coalition au pouvoir en place, « en vue d’un règlement pacifique de la crise sociopolitique togolaise » et ceci dans le but « d’anticiper sur le dialogue de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO ».

 Pour la coalition, la seule façon d’éviter les risques de déstabilisation et de remise en cause de la paix civile encore précaire, est la mise en œuvre consensuelle des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales débouchant sur des élections transparentes et équitables dont les résultats ne feront pas l’objet de contestation.

Par conséquent, elle condamne les initiatives unilatérales prises par le pouvoir en place en instrumentalisant le président d’ « une CENI contestée » qui fait partie du problème. Elle estime que tous les actes unilatéraux posés par le gouvernement et la CENI actuelle sont de nature à « compromettre la transparence et l’équité des élections et doivent être déclarés caducs et repris à zéro par une nouvelle CENI comprenant 8 délégués de chaque protagoniste de la crise et une personnalité désignée de commun accord pour la présider ».

Dans le document , elle propose la relocalisation des Commissions électorales locales indépendantes (CELI) au niveau de la commune et non de la préfecture, la composition paritaire des CELI sur le modèle de la nouvelle CENI et l’authentification des bulletins de vote par l’opposition avant l’ouverture des bureaux de vote.

La coalition souhaite un recensement électoral national biométrique intégral en vue d’obtenir un fichier électoral totalement fiable pour les prochaines élections. Cette opération devra se dérouler au cours d’une même période sur toute l’étendue du territoire national et s’appuyer sur l’organisation d’audiences foraines pour la délivrance d’acte nécessaire à l’établissement de carte nationale d’identité aux électeurs qui n’en ont pas.

« La coalition préconise la mise place  d’un Gouvernement de transition pour une gestion commune et consensuelle du processus des réformes et d’organisation des élections dans un esprit de responsabilité politique », ajoute le document.

En ce qui concerne la réforme de la Cour constitutionnelle recommandée par le feuille de route de la CEDEAO, la C14 propose le rétablissement des dispositions telles que proposées par la version originelle de la Constitution de 1992.

« A défaut du rétablissement des dispositions originelles, il faut que la Cour constitutionnelle soit composée de 7 membres désignés pour un mandat non renouvelable de 7 ans, dont  1 désigné par le Président de la République et 6 par l’Assemblée nationale à raison de 3 sur proposition de la majorité parlementaire et 3 sur proposition de l’opposition parlementaire », indique le mémorandum.

Il revenue aussi sur les conditions d’éligibilité du Président de la République, les modalités de désignation et les prérogatives du Premier ministre, le découpage électoral pour les élections législatives, le vote des Togolais de la diaspora, le vote par anticipation des éléments des forces de défense et de sécurité, le mode de scrutin uninominal majoritaire à 2 tours, la limitation du nombre de mandats présidentiels avec la mention « en aucun cas… ». La coalition ne compte pas fléchir sur ce dernier point.

« Nous ne pouvons jamais accepter une réforme sans la formule En aucun. Sinon à quoi servira toute la lutte que nous avons menée jusque-là ? Même si il faut aller au référendum, nous sommes prêts et nous n’avons pas peur », a réaffirmé Mme Adjamagbo-Johnson.

La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise souhaite que ces points qu’elle juge importants soient pris en compte dans la poursuite du dialogue sur la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO.

Selon les responsables de la C14, les exemplaires du mémorandum ont été déjà envoyés aux facilitateurs Nana Addo Akufo du Ghana et le président Alpha Condé de la Guinée, qui sont annoncés au Togo sur le 27 aout prochain.

Mathurin AZIAKPOR  

 

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