L’Association des journalistes pour la promotion des droits de l’homme (AJPDH) veut corriger l’image peu reluisante de la femme dans les médias et au sein de l’opinion. Cette organisation a en effet initié mercredi à Lomé, une conférence-débat avec pour objectif, situer les responsabilités et inviter les uns et les autres à se mobiliser pour en finir avec ces images dégradantes de la femme véhiculées par les médias et réseaux sociaux.

« L’image de la femme dans les médias et au sein de l’opinion : rôle et responsabilité des médias », c’est justement la thématique au centre de cette rencontre d’échange qui a connu la participation de responsables des droits de l’homme, d’organisations professionnelles de presse et autres acteurs de la société civile.

Des débats, il ressort que les responsabilités sont partagées et chacun devra y mettre du sien afin de résoudre le problème.

Pour Estelle koudjonou, la présidente de l’AJPDH, quoi qu’on dise, que la femme soit engagée ou non, elle joue un rôle assez important dans la construction de la société et elle se doit de se faire respecter à travers l’image qu’elle donne d’abord à elle-même et l’image que les médias et l’opinion lui donnent dans le traitement de l’information.

«Cette conférence-débat est initiée suite aux commentaires sexistes qui ont circulé sur les réseaux sociaux, dans les médias ces derniers temps lorsque de grands postes de responsabilité ont été confiés à des femmes. Tout porte à croire que parce qu’elle est femme, elle ne peut assumer cette responsabilité par ses compétences et c’est par affinité avec X ou Y, ce qui n’est pas le cas quand c’est un homme qui est porté à un grand poste de responsabilité .Les propos sexistes sont aussi vieux que le monde, on ne peut prétendre de les éradiquer par une baguette magique mais il faut sensibiliser tous les acteurs afin de réduire ces propos sexistes et dégradants qui ne  permettent pas à la femme de s’engager véritablement dans la société mais elle doit avoir un mental d’acier pour les affronter. La femme elle-même doit d’abord prendre conscience de la situation en affichant une image responsable et décente d’elle-même sur les réseaux sociaux et dans les productions. La femme doit développer son leadership et s’affirmer à travers ses compétences et non exposer son corps dénudé sur les réseaux sociaux” a précisé Estelle Koudjonou.

Selon Sogoyou Keguewe, journaliste et ancien ambassadeur, l’un des panélistes, afin de lutter contre ce phénomène, il faut que les responsables et animateurs des médias soient eux-mêmes formés et initiés aux différents textes protégeant les femmes au Togo, et qu’un effort de vulgarisation soit mené pour que ces médias puissent contribuer à améliorer l’image de la femme.

« L’image de la femme dans nos sociétés est faite de notre éducation à la base, notre instruction, nos religions, un peu de politique et surtout beaucoup d’ignorance. Quand on y met beaucoup d’ignorance, on transforme l’image de la femme en quelque chose de négatif. Donc il faut combattre cette ignorance surtout chez les Hommes de médias », a-t-il ajouté.

« C’est un travail de longue haleine et les femmes elles-mêmes doivent aussi y participer », a également souligné Mme Aminata Adrou, membre de la HAAC, présidente du comité télévision, du cinéma et des vidéos clubs, panéliste.

« Quand on vous (les femmes, ndlr) appelle pour un clip où on vous demande d’être en maillot de bain, là c’est encore peut-être un peu acceptable même si pour nos cultures ça pose déjà un problème. Mais quand on vous demande de vous dénuder carrément, c’est votre image et ces clips vont dans le monde entier avec les réseaux sociaux aujourd’hui, il est difficile de les rattraper. Donc il nous appartient à nous-mêmes les femmes d’être responsable de notre corps, défendre et donner  à ce corps, cette image noble donnée par le Créateur », a-t-elle martelé.

« Nous avons de la valeur aux yeux de Dieu et nous devons faire en sorte que cette valeur soit imprimée dans nos comportements de tous les jours. A la HAAC, nous nous y veillons en attirant l’attention des uns et des autres sur ces clips et films qui mettent en exergue avec trop d’exagération le sexe et la nudité de la femme », a ajouté Mme Aminata Adrou, tout en indiquant que la HAAC ne ménage pas ses efforts pour jouer sa partition en termes de sensibilisation des acteurs des médias et de la communication au sujet des reportages jugés trop sexistes et les publicités qui mettent en relief la nudité de la femme.

Elle a en outre saisi l’occasion pour annoncer que l’instance de régulation de médias au Togo en train de réfléchir pour amener dans les jours à venir, tous les médias notamment les télévisions à respecter la signalétique à travers les programmes de ces chaînes de télévision. « Cette signalétique permettra en sorte que lorsqu’il y a des films qui sont trop sexuels, que les chaînes concernées puissent informer le public notamment les chefs de famille sur la nécessité d’insister pour que les enfants ne puissent pas voir ces films qui ne sont pas destinés à eux », a-t-elle fait savoir.

Au demeurant, l’AJPDH a remis le débat sur le tapis, face à ce constat peu élogieux de l’image de la femme qui ne cesse de se dégrader dans les médias. Mais par dessus tout, il revient surtout à la femme d’être d’abord la première actrice de son propre image.

Rappelons que cette conférence-débat vient en prélude à un atelier qui va marquer la célébration de la journée internationale de la femme en mars prochain. Eu égard à l’importance du sujet, le projet nécessite du soutien pour atteindre ses objectifs.

 

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